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miércoles, 30 de marzo de 2011

Literatura francesa, Le Clézio, Mondo et autres histoires, fragmento bilingüe

¿Es que acaso puede haber algo más placentero que leer por primera vez a un autor y que su pluma maraville? ¡No lo creo!

Jean-Marie Gustave Le Clézio es un escritor innovador nacido en Niza en 1940.

Y como me empeño en compartir la maravilla, transcribiré a continuación cierta belleza de su escritura, en forma bilingüe para poder apreciar el idioma original.


"- Je voudrais que vous m'appreniez à lire et à écrire, s’il vous plâit –dit Mondo-.

Le vieil homme restait immobile, mais il n'avait pas l’air étonné.

- Tu ne vas pas à l'école?

- Non monsieur -dit Mondo-.

[...]

- Tu ne sais vraiment rien du tout?

- Non monsieur -dit Mondo-

L'homme avait pris dans son sac de plage un vieux canif à manche rouge et il avait commencé à graver les signes des lettres sur des galets bien plats. En même temps, il parlait à Mondo de tout ce qu'il y a dans les lettres, de tout ce qu'on peut y voir quand on les regarde et quand on les écoute. Il parlait de A qui est comme une grande mouche avec ses ailes repliées en arrière; de B qui est drôle, avec ses deux ventres, de C et D qui sont comme la lune, en croissant et à moitié pleine, et O qui est la lune tout entière dans le ciel noir. Le H est haut, c'est une échelle pour monter aux arbres et sur le toit des maisons; E et F, qui ressemblent à un râteau et à une pelle, et G, un gros homme assis dans un fauteuil; I danse sur la pointe de ses pieds, avec sa petite tête qui se détache à chaque bond, pendant que J se balance; mais K est cassé comme un vieillard, R marche à grandes enjambées comme un soldat, et Y est debout, les bras en l'air et crie: "au secours!" L est un arbre au bord de la rivière, M est une montagne; N est pour les noms, et les gens saluent de la main, P dort sur une patte et Q est assis sur sa queue; S, c'est toujours un serpent, Z toujours un éclair; T est beau, c'est comme le mât d'un bateau, U est comme un vase. V, W, ce sont des oiseaux, des vols d'oiseaux; X est une croix pour se souvenir.
 
Avec la pointe de son canif, le vieil homme traçait les signes sur les galets et les disposait devant Mondo"
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"- Me gustaría que me enseñara a leer y a escribir, por favor -dice Mondo-.

El anciano seguía inmóvil, pero no tenía aspecto sorprendido

- ¿No vas a la escuela?

- No, señor -dice Mondo-.

[...]

- ¿No sabes nada en absoluto?

- No, señor -dice Mondo-.

El hombre había tomado de su bolsa de playa una vieja navaja con el mango rojo y había comenzado a grabar los signos de las letras sobre guijarros muy planos. Al mismo tiempo, hablaba a Mondo de todo lo que hay en las letras, de todo lo que podemos ver en ellas cuando las miramos y las escuchamos. Hablaba de A que es como una gran mosca con sus alas plegadas atrás; de B que es graciosa con sus dos vientres, de C y de D que son como la luna, creciente y medio llena, y O que es la luna entera en el cielo negro. La H es alta, es una escalera para subir a los árboles y al techo de las casas; E y F, que se parecen a un rastrillo y a una pala, y G, un gordito sentando en un sillón; I baila sobre la punta de sus pies, con su cabecita que se separa a cada salto, mientras que J se balancea; pero K está estropeada como un anciano, R camina a grandes zancadas como un soldado, e Y está de pie, con los brazos en el aire grita: “¡Ayuda!”. L es un árbol en la orilla del río, M es una montaña; N es para los nombres y la gente saluda con la mano, P duerme sobre una pata y Q está sentada sobre su cola; S es siempre una serpiente, Z siempre un relámpago; T es bonita, es como el mástil de un barco, U es como un florero. V, W son pájaros, vuelos de pájaros; X es una cruz para acordarse.

Con la punta de su navaja, el anciano trazaba signos sobre los guijarros y los colocaba delante de Mondo”

Jean-Marie Gustave Le Clézio – Mondo et autres histoires

Y ESTE OTRO FRAGMENTO MARAVILLOSO:

"- Quel est ton nom?

- Mondo -disait Mondo-.

Le vieil homme choisissait quelques galets, en ajoutait un autre.

- Regarde. C'est ton nom écrit là.

- C'est beau! -disait Mondo- il y a une montagne, la lune, quelqu'un qui salue le croissant de lune, et encore la lune. Pourquoi y a-t-il toutes ces lunes?

- C'est dans ton nom, c'est tout -disait le vieil homme- c'est comme ça que tu t'appelles.

Il reprenait les galets.

- Et vous, monsieur? Qu'est-ce qu'il y a dans votre nom?"
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"- ¿Cuál es tu nombre?
 
- Mondo -decía Mondo-.

El anciano escogía algunos guijarros, añadía uno seguido de otro.

- Mira. Tu nombre está ahí escrito.

- ¡Es bonito! -decía Mondo-. Hay una montaña, la luna, alguien que saluda al croissant de luna y otra vez la luna. ¿Por qué hay todas esas lunas?

- Están en tu nombre, es todo -decía el anciano- es así como te llamas.

Volvía a tomar los guijarros.

- Y usted, señor ¿qué hay en su nombre?"


Jean-Marie Gustave Le Clézio Je voudrais que vous m'appeniez à lire...

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Le monde est triste sans imagination
Porque el mundo es triste sin imaginación...

En tu nombre, ¿qué hay?

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